Le leader du collectif LKP, Elie Domota, a signé avec les représentants de l’Etat le protocole de suspension du conflit, après 44 jours de grève générale en Guadeloupe, mercredi à 20h (jeudi à 1h, heure de Paris ; minuit GMT).
"La grève est suspendue, les blocages systématiques sont soulevés", a expliqué à l’Associated Press Jocelyn Lapitre, membre de "Travailleurs et Paysans" ("Travayè é Péyizan"), adhérents au LKP, soulignant toutefois que "le LKP se réserve la possibilité de grèves sectorielles, si l’accord signé n’était pas respecté".
Le protocole d’accord final a été signé au port autonome de Pointe-à-Pitre par les différentes parties. Etaient présents le préfet Nicolas Desforges, le LKP, le secrétaire général de l’UGTG, les présidents du conseil régional Victorin Lurel et du conseil général Jacques Gillot.
La fête a été des plus consensuelles. Elie Domota a pris la parole devant la foule venue l’acclamer. Accompagné de Nicolas Desforges, Victorin Lurel et Jacques Gillot, il a appelé à ne pas laisser l’élan retomber.
"C’est un moment historique, où la Guadeloupe se retrouve après un très long conflit qu’il aurait été souhaitable de régler plus tôt", s’est exclamé de son côté Victorin Lurel, alors que l’heure était aux cris de joie et aux manifestations d’enthousiasme. Jacques Gillot a, lui aussi, manifesté sa joie.
Le maire de Pointe-à-Pitre Jacques Bangou s’est écrié avec un immense sourire : "Elie Domota, un leader charismatique !".
Le maire de Sainte-Rose Richard Yacou est aussi venu fêter la nouvelle dans la soirée au port autonome, tout comme de nombreux élus. "Chacun doit apporter sa contribution pour construire le pays", a-t-il dit.
Le maire de Pointe-Noire Félix Desplan, pragmatique, n’a pas pu ne pas dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas : "Nous aussi, maires, nous faisons un gros effort, nous faisons des sacrifices...", faisant allusion à la part d’octroi de mer revenant aux communes et qui sera désormais inférieure, l’argent devant servir à aider le patronat à verser les fameux 200 euros de bonus aux bas salaires.
Mais déjà, des voix discordantes s’élevaient, notamment celles d’Alex Lollia, secrétaire général de la CTU, qui occupe à Jarry depuis mardi matin un immeuble, avec une centaine de personnes, ainsi que depuis mercredi matin les dépôts des grands magasins Cora, Match et de la chaîne de supérettes Ecomax. "J’appelle, pour que les patrons soient obligés d’appliquer l’accord Jacques Bino, accordant 200 euros d’augmentation aux bas salaires, à la création de Liyannaj de base. On doit occuper les entreprises, obliger les patrons à signer", a-t-il dit.
Les négociations concernant les prix de 54 produits alimentaires de première nécessité se poursuivront.
La grève générale paralysait l’île antillaise depuis le 21 février, même si depuis trois jours déjà, l’activité avait repris, les écoles rouvert, en toute discrétion, pour ne pas susciter de blocages. L’approvisionnement en gaz (par bombonnes, le réseau municipal n’existant pas) a repris doucement. Les gens ne font plus la queue aux stations-services depuis ce week-end. Seules les grandes surfaces restaient encore fermées ou bloquées, les petits commerces assurant l’approvisionnement des Guadeloupéens.
Des milliers de touristes avaient annulé leurs vacances aux Antilles. AP