Une femme d’une trentaine d’années, licenciée pour avoir envoyé 156 mails personnels en deux mois depuis son lieu de travail, a été déboutée vendredi par le conseil des prud’hommes d’Angers saisi pour "atteinte à la vie privée", a-t-on appris samedi de source judiciaire.
En tant que chef d’entreprise, je peux vous dire que je trouve le licenciement de cette jeune femme révoltant et je trouvais légitime qu’elle saisisse les prud’hommes.
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Voilà ce qui s’est passé. La jeune femme a entretenu une conversation d’ordre privé avec sa mère au moment où cette dernière traversait une période difficile suite au décès de son compagnon. La mère était déprimée et sa fille lui remontait le moral. L’employeur prétend s’être rendu compte de cette correspondance alors qu’il cherchait l’origine d’un virus informatique (qui peut croire ça ?). Il nie avoir consulté les conversations en question et prétend qu’il en a juste constaté la présence. Il a alors décidé de licencier la jeune femme, arguant qu’une dizaine d’e-mails par jour, c’était une heure de perdue pour l’entreprise.
C’est une attitude choquante et indigne de la part d’un chef d’entreprise. Je dirige une PME de 35 personnes où chacun dispose d’un poste de travail et d’une messagerie professionnelle. Je sais que les gens utilisent leur connexion à Internet et leur messagerie à des fins personnelles. Non seulement je ne suis pas dupe mais cela ne me pose absolument aucun problème. Internet est une ressource disponible par défaut et elle permet de bouleverser les rythmes de travail ainsi que les frontières du privé et du professionnel.
Comment peut-on s’offusquer que des collaborateurs envoient des e-mails persos dans la journée sans le modérer avec le fait qu’ils sont parfois connectés à leur messagerie professionnelle le soir ou le week-end pour finir un job important ? Sans parler des outils nomades mis à disposition par l’entreprise et qui permettent de prolonger la relation de travail à tout instant...
Internet change profondément les rythmes de travail et il serait souhaitable que les mentalités de certains patrons étriqués évoluent.