Un papillon à une étoile… Ecrire quelques mots à toi Patrick Coppet. Je l’avoue, l’exercice me fige. Les jours, les nuits, les heures sont interminables. Je ne pense qu’à toi. Je suis comme tous les potes, je m’interroge. Je suis en quête d’une quelconque responsabilité. Parce que la vie est ainsi faite. Quand tout fout le camp, on ne cherche pas forcément une raison. On cherche un coupable. Souvent, on se dit « mais qu’est ce que j’ai bien faire pour que le sort s’acharne sur moi ? » C’est peut-être là que tu as pêché Patrick. C’est peut-être en occultant la raison que tu as culpabilisé. Mais coupable de quoi, mon Dieu ? Là… on pêche tous. A quel moment ta bonne humeur et ton optimisme ont-ils cessé de fonctionner ? Qui a bien pu appuyer sur le bouton STOP ? Tu vois, je cherche encore un coupable ! Depuis deux jours, l’air de rien, les investigations tentent de forcer le passage. Elles veulent nous intoxiquer. Je ne sais pas comment luttent les copains, mais moi, j’ouvre grand les yeux et je me dis qu’il vaut mieux ne penser à rien, même pas à toi. Mais comment faire ? Il y a toujours ces petits riens qui me viennent de toi. Ils sont là bien rangés dans un coin de mon cœur et de mon esprit. Je me débats. C’est difficile, voire impossible de m’en débarrasser. Pour ne plus penser, j’écoute Angélique Kidjo qui reprend des mots de Serge Gainsbourg, un passionné, un fou, un être exceptionnel, tout comme toi. Nostalgiquement, dans sa chanson Angélique dit : « Mieux vaut n’penser à rien que d’pas penser du tout… Rien, c’est déjà beaucoup. Et puisqu’on oublie tout, rien c’est bien mieux que tout ». Je me nourris de ces paroles. Elles apaisent ma rancœur, elles atténuent ma colère. Parce qu’on s’en veut tous de n’avoir pas pu te deviner. La chanson dit qu’il vaut mieux pleurer de rien que de rire de tout. ça me rassure… je pleure. Alors je prends tous ces petits riens qui me viennent de toi. C’est trois fois rien. Evidemment, ça ne fait pas beaucoup. Tant pis, des petits riens c’est mieux que rien du tout. Je les mets bout à bout. Tout en priant le ciel de te ramener, je tente d’expier mes fautes, les fautes des copains, tes fautes. Mais tu ne reviendras pas. Je le sais bien. J’en veux à la terre entière.Progressivement, la raison prend le dessus. Il faut l’admettre, Patrick Coppet a mis les voiles pour une autre étoile. Parce que finalement personne n’avait le droit de t’obliger d’être vivant.Alors, s’il vaut mieux n’penser à rien que d’pas penser du tout, il va falloir intégrer une seule pensée. Une pensée qui sort tout droit de l’idéologie d’Aimé Césaire : « c’est toi et toi seul qui a choisi ta place dans le dernier train, de la dernière vague, du dernier raz de marée ».A ta guise Patrick !Quand nous papillons serons les passagers du convoi qui rallie ton étoile,on en aura des choses à se dire.
Dominique Legros