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Activité cyclonique 2008... Les Antilles menacées

L’activité cyclonique sur le Bassin Atlantique a débuté en fanfare cette année, et devrait rester forte durant le reste de la saison 2008

Préambule :

Ce type de prévisions sur l’activité cyclonique attendue dans les mois à venir comporte une marge d’incertitude relativement importante. Si au niveau scientifique, ce type d’étude a son intérêt pour mieux comprendre les paramètres météorologiques et climatiques qui agissent sur la capacité de l’atmosphère à développer des cyclones tropicaux, il faut noter que ces prévisions ne représentent aucun intérêt au niveau d’une île, d’un territoire.

Pronostics réalisés en ce tout début août :

L’année 2008, bien entamée avec déjà 5 phénomènes baptisés à la date du 5 août, de Arthur à Edouard, devrait être très active, nettement supérieure à la moyenne des 50 ans (1951-2000) prise comme référence, et même plus forte que la moyenne des 8 dernières années.

C’est en tous cas ce qu’on peut ressortir des différentes études scientifiques menées cette année par des équipes spécialisées en prévision de l’activité cyclonique sur le bassin de l’Atlantique :

- le Centre Européen de Prévisions Saisonnières publie comme chaque mois des prospectives pour les 5 prochains mois, et celles de juillet indiquent une activité prévue supérieure à la moyenne de 8 cyclones tropicaux, la référence étant la moyenne de ces 15 dernières années. Il est donc prévu 18 ou 19 phénomènes cycloniques.

- à la date du 5 août, l’équipe britannique de l’Université de Londres (UCL) de Benfield, composée de Mark Saunders et de Adam Lea (MS - AL), a réactualisé ses prévisions effectuées en juillet dernier, avec une augmentation de l’activité prévue. Les 2 paramètres significatifs, pour eux, sont la grande probabilité de voir durant la prochaine saison, des alizés modérés, c’est-à-dire plus faibles que la normale, favorisant les développements convectifs et cycloniques, et la relative neutralité des températures de l’océan tropical, prévues d’êtres proches des normales ou légèrement plus chaudes ;

- ce même jour,e 5 août, l’équipe américaine de chercheurs en prévision cyclonique, Philip Klotzbach assisté par William Gray (PK - WG), du Département des Sciences de l’Atmosphère de l’Université du Colorado à Fort-Collins, fait de même et propose une réactualisation de leurs précédentes prévisions datant de juin. Cette réactualisation confirme ce qui avait été annoncé il y a 2 mois, les chiffres étant même très légèrement revus à la hausse aussi.

Une probabilité supérieure à la moyenne est également anticipée quant aux « atterrissages » d’ouragan intense sur les côtes américaines, et même sur les régions de la Caraïbe.

Etude de Klotzbach - Gray (PK - WG) : ces pronostics tiennent compte de l’évolution de certains paramètres durant la fin du printemps et début d’été de l’hémisphère boréal, paramètres choisis car étant statistiquement avérés comme de bons prédicteurs d’autres paramètres météorologiques de la saison cyclonique 2008, ces derniers agissant directement sur la formation ou non des cyclones tropicaux sur la zone de l’Atlantique. Les paramètres étudiés en juin et juillet sont notamment :

- température de la surface de la mer sur l’Atlantique subtropical : un peu plus élevée que la normale cette année ;

- pression atmosphérique au niveau de la mer sur la zone tropicale et subtropicale de l’est Atlantique ; ce paramètre est à relier avec celui de l’intensité et de l’étendue de l’anticyclone (zone de hautes pressions) sur l’Atlantique : ce paramètre influe directement sur la vitesse des vents alizés, prévue d’être faible ou modérée les mois prochains, cette relative faiblesse des vents favorisante plutôt la formation des cyclones ;

- évolution des températures de surface de la mer près de l’équateur dans le Bassin Pacifique central et oriental : ce qui fournit une indication de la phase La Niña ou El Niño. On se situe plutôt dans une phase relativement neutre pour le reste de la saison cyclonique ...

- début de saison précoce et très actif, parmi les 3 ou 4 années les plus actives avant le 1er août de ces 100 dernières années : cela augure de conditions déjà très favorables aux développements de cyclones, conditions qui devraient le rester encore 2 ou 3 mois sur l’Atlantique tropical.

En fonction des anomalies par rapport à la moyenne saisonnère de ces différents paramètres, P. Klotzbach et W. Gray cherchent les années antérieures les plus proches de ces conditions observées : les années 1926, 1961, 1996, 1998 et 2000 ont été retenues. Et donc, à partir de l’activité observée durant la saison cyclonique de ces années-là, ils calculent comment seront, durant l’été 2008 sur la zone de l’Atlantique, les vents d’alizés (vers 600/800 m d’altitude), les vents dans la haute troposphère (vers 12000 m d’altitude), la température de la mer, les pressions barométriques de surface.

Tous ces paramètres météorologiques devraient être, selon eux, plutôt favorables à la formation des cyclones tropicaux.

Les chiffres retenus ensuite sont un savant dosage entre la moyenne de l’activité observée durant les années "analogues" pré-citées, assortis d’un coefficient d’ajustement pour tenir compte de la forte activité constatée depuis 1995 sur les régions considérées (due à un cycle naturel de 20/30 ans déjà mis en évidence).

Etude de Saunders - Lea (MS - AL) : cette étude insiste sur la force très modérée prévue des alizés sur l’Atlantique, ce qui est un facteur favorable de développement cyclonique, et prend aussi en compte la température de surface de la mer dans la zone tropicale. Elle essaye également de préciser le risque que les îles antillaises (ensemble des Petites Antilles) soient touchées directement par un cyclone : un chiffre total de 3 cyclones tropicaux est anticipé (1 ouragan et 2 tempêtes tropicales). Mais l’indice de confiance indexé à ces chiffres est très faible, le taux de réussite de telles prévisions étant inférieur à 30 %, ... d’où la prudence qui doit accompagner l’utilisation de ces prévisions !

Bien entendu, et n’hésitons pas à le rappeler, il faut prendre ces chiffres comme ce qu’ils sont, résultats d’études théoriques à base statistique, et se contenter de les interpréter comme une tendance générale, sans en retenir les valeurs exactes. D’autant qu’on sait que les bilans de fin d’année sont le plus souvent bien différents de ces chiffres annoncés en début de saison. En 2005, comme en 2006, et encore en 2007, les prévisions furent tout de même assez éloignées de la réalité : une grosse sous-estimation en 2005, une sur-estimation en 2006 et même en 2007, ....

Mais l’on peut toutefois annoncer qu’en l’état actuel des connaissances de l’atmosphère durant ce début d’été boréal de l’année 2008, de nombreux indices concordent pour que l’on puisse s’attendre à une année cyclonique 2008 sur l’Atlantique active, supérieure à la moyenne de ces dernières années. Source : meteo.fr

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